cérémonie au Pere Lachaise, le 17 juin 2016

À Hakim

Je me souviens, tu disais :
« Tout est dynamique pour moi, tout a une flèche,
tout va quelque part, ça va vers... ça pousse vers…
Une graine d'arbre qui pousse, quand ça nait, ça surgit.
C'est comme une flèche.
Moi, j'ai ça, j'ai envie de pousser, faut que ça pousse, que ça grimpe, que ça prenne force, forme et feuilles, et fleurs, ou autre chose…
c'est ça mon truc.
Mon truc ce n'est pas un chemin, un chemin horizontal,
c'est plutôt vertical : vertical vers le haut.
(Et tu faisais ce geste là de tes deux belles mains si expressives)
Si je devais choisir une flèche ça serait celle là. »

C'est ce que tu as fait Hakim, tu as été dans le surgissement au fil de ce que tu faisais,
au fil du faire dans l'immédiateté de l'action,
au fil du fer rouge des passions,
au fil de fer d'ou surgissait tes sculptures.
Tes surgissements, parfois, te dépassaient et ces jours derniers, franchement, Hakim, comme souvent, tu as exagéré !
Tu es allé trop loin, trop haut...
et nous on reste là, en bas, stupides et désolés…

Et maintenant tu es passé du fil de fer à la transparence de ton papier à cigarette irradié de lumière,
passé du surgissement du geste à la quiétude infinie de cet au-delà du temps.
Tous nos coeurs sont avec toi, tout notre amour t'accompagne dans ce passage que tu es entrain d'accomplir.
Q'une claire lumière guide ton mystérieux voyage .
Que la paix descende sur toi.
Et que la paix descende sur nos coeurs, descende sur toutes celles et tous ceux qui sont là de près ou de loin et qui t'aiment.

 Marie